• Sondage

    Comment trouvez-vous les oeuvres d'Olivier Courty ?

    Voir les résultats

  • Mes albums récents

    • Album : Mobilier
      <b>fichea4spiral.jpg</b> <br />
    • Album : Voile en mouvement flashy
      <b>18.jpg</b> <br />
    • Album : Sculpture Table Rond Francaise inox
      <b>imgp1726.jpg</b> <br />
    • Album : Voile en mouvement1
      <b>imgp1343.jpg</b> <br />
    • Album : Le team-building artistique
      <b>imag0068.jpg</b> <br />

Presse

oliviercourtysculptureabstraitacier91.jpg

http://www.mairie-montlucon.fr/FR/journal/39

Annecy, fin des années quatre-vingt : un enfant de passage découvre comme un choc, entre les étals du marché, l’échoppe d’un sculpteur sur bois. Attendri, le vieil homme lui donne un marteau et un ciseau à bois, et lui montre les gestes. C’est le premier souvenir d’artiste d’Olivier Courty. PhR

Aujourd’hui, à 27 ans, ce menuisier parisien qui a abandonné la capitale voici huit ans pour suivre ses parents dans leur retraite montluçonnaise ne regrette rien. Ni Paris, ni sa décision, il y a trois ans, de quitter portes, fenêtres et cuisines intégrées pour s’assumer en tant qu’artiste, un « besoin », comme il le dit lui-même. De stages en stages, il entreprend d’apprendre le métier de sculpteur, lui qui, depuis longtemps, confronte ses mains à la matière : le bois, mais aussi la pâte à modeler, l’argile ou le béton cellulaire. Un jour, sur un projet monumental, le déclic : la spirale pour représenter l’eau, l’acier pour l’incarner. L’artiste en herbe, qui se définissait volontiers comme figuratif, voire « imitatif », créant ses sujets « à la manière de », repousse ses limites et s’invente ses propres codes : le trait, la ligne, le mouvement… Il commande des bandes d’acier de quelques millimètres d’épaisseur, qu’il monte comme la terre dans son atelier montluçonnais, cintre à froid à la recherche de la « juste pression ». Deuxième étape : la soudure, d’une rare transparence. « Je ne voulais pas que le regard s’arrête à des imperfections techniques », souligne Olivier Courty, qui n’a reçu pour tout enseignement que la démonstration du vendeur de son poste à souder, avant de se perfectionner au lycée Paul-Constans où il réalise, avec les élèves, une sculpture monumentale. Vient ensuite une phase de ponçage et de mise en peinture, un dérivé des produits de carrosserie pour un effet de laque japonaise. Parfois, le sculpteur se fait peintre, jetant sur des plaques d’acier des nébuleuses aléatoires qui prennent leur relief dans le travail des couches et leur profondeur dans leur capacité à capter la lumière.

Sur ses premières œuvres veille encore un personnage, sorte de gardien du sens moins signature que garde-fou, balise posée là par un artiste soucieux d’éviter au regard tout contresens : ainsi donc voici l’Homme aspiré par son destin, contraint de s’élever quel qu’en soit le chemin. L’assurance venant, ces personnages disparaissent, Olivier Courty se défait de ce dernier lien au figuratif. Ce qu’elle perd en signification immédiate, l’œuvre le gagne en mouvement et en spiritualité ; l’effet d’aspiration, induit par la verticalité des lignes, en est renforcé. Le socle auparavant omniprésent, qui ancrait dans la terre les personnages et avec eux l’œuvre toute entière, l’empêchant de prendre son envol, gagne également en discrétion : il sait désormais se faire oublier, voire disparaître complètement quand une œuvre suspendue décide qu’elle peut s’en passer. Lorsqu’il n’est plus besoin de garder les pieds sur terre, pourquoi s’encombrer de pesanteur et de théorèmes incongrus ?

 

La légèreté est là, y compris dans le regard du spectateur, qui n’est plus ce personnage regardant un personnage qui regarde l’œuvre. Il est libre désormais ; libre de ne plus contempler le spectacle un peu fastidieux des turpitudes de son propre destin, et d’aller à l’essence même : une calligraphie sous tension ; un alphabet imaginaire (qui évoque d’ailleurs physiquement ses homologues des nations arabes ou d’Extrême Orient – tamoul, cinghalais…-) que Courty utilise pour écrire comme un leitmotiv dans son esperanto d’artiste : espérance.

C’est le rare privilège des visiteurs de la très belle exposition Courty au Fonds d’Art, qui s’est achevée le 22 novembre : par la juxtaposition d’œuvres contemporaines et déjà plus anciennes – c’est à dire avec et sans personnage –, ils comptent sans doute parmi les derniers à avoir pu assister, en direct, à la libération de l’artiste et la révélation de son œuvre. Beaucoup ne s’y sont pas trompés, telle cette dame, charmante, « professeur de musique et Montluçonnaise depuis 60 ans », qui est venue deux fois, dont l’une pour remercier l’artiste et le féliciter. Outre les expositions régionales, Courty est visible à la galerie parisienne Artclub Gallery, face au Louvre. Il anime également des ateliers ; en novembre, 80 petits élèves de quatre écoles montluçonnaises et leurs camarades de l’Atelier municipal d’arts plastiques (AMAP) et de l’hôpital de jour ont exposé leurs dessins dans la petite salle du Fonds d’Art.

article :Courty : la spirale du succès
Album : article :Courty : la spirale du succès

15 images
Voir l'album